Médecine Traditionnelle Chinoise – Une approche

« Guérir parfois, soulager souvent, écouter toujours. »

Principes

L’acupuncture est souvent considérée comme une entité à part que l’on peut utiliser comme une simple technique thérapeutique mais en fait elle est inséparable de la Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC).

La MTC est une Médecine avec son Anatomie, sa Physiologie, sa Sémiologie et ses thérapies. L’acupuncture est la thérapie la plus connue en Occident mais elle n’est pas la seule. Il existe la Diététique, la Pharmacopée, les Massages, le Qi Gong, la Psychologie et la Chirurgie.

Vétérinaire

Le diagnostique

Le diagnostic en MTC suit des règles précises, chaque  étape doit être respectée pour aboutir au traitement. Nous examinons rigoureusement le patient puis analysons les signes observés. Le diagnostic est la synthèse de l’examen et de l’analyse.

L’examen clinique comprend l’observation ou inspection, la palpation de l’animal, la prise des pouls, l’auscultation et olfaction et suivis de l’interrogatoire. Dans l’approche clinique des grands syndromes, la vision de la MTC apporte une finesse et une subtilité très utiles à la compréhension de la maladie. Elle apporte à chaque cas une réponse thérapeutique individuelle. Cette façon de soigner est plus longue que l’allopathie classique mais elle est aussi plus satisfaisante, créative et enrichissante.

Notions de MTC

Le mot chinois Qi est souvent traduit par énergie ou souffle. La suivante subdivision de Qi est une façon de discerner ses différentes fonctions mais en fait elle est fictive car il s’agit toujours de la même entité. Selon la MTC, la fonction a plus d’importance que la structure car la fonction précède et crée la structure. Le corps est l’expression matérielle de fonctions essentielles à la vie.

Le Qi Universel:
Cette une définition générale. Dans ce sens nous dépassons complètement l’aspect médical car tout est Qi. Sous sa forme condensée, le Qi est matière. Il est solide quand il est strictement condensé. En se décontractant, il devient liquide puis gazeux. Il suit, donc, les différents états de la matière que nous connaissons en physique classique. Sous sa forme la plus évaporée, le Qi est pure énergie. La pensé, les émotions, l’intention sont également des formes de Qi.

Le Qi du corps:
On le traduit en général par énergie, une énergie qui anime la matière. Quand il quitte le corps c’est la mort, il n’y a plus d’animation.

Le Qi originel ou inné (Yuan Qi):
Il représente un potentiel. Il s’épuise progressivement au cours de la vie sans pouvoir se régénérer. Il contient les caractères héréditaires et congénitaux qui constituent un individu. Il définit la morphologie, la physiologie ou la longévité. Il contient le Qi de l’espèce qui différencie un chat d’un chien ou un boxer d’un husky ; le Qi de la lignée qui représente les caractéristiques propres à une lignée potentiel qui pour la MTC dépend de l’état de santé des ascendants au moment de la procréation ; le Qi sexuel qui est en relation avec les deux dernières et bien visible dans l’espèce canine, où la longévité est inversement proportionnelle à la prolificité. Cet équilibre permet d’assurer la continuité des espèces en évitant la surpopulation.

Le Qi acquis:
Est la somme de tous les apports du milieu extérieur qui sont ensuite transformé par l’organisme pour devenir son énergie et matière. Les principales sources du Qi acquis sont les aliments et les boissons que l’individu absorbe, l’air qu’il respire ainsi que des énergies plus subtiles (chaleurs, bruits, lumière…). Il peut se reconstituer.

Le Qi défensif (Wei Qi) et Qi nourricier (Ying Qi):
Le Qi issu du mélange entre l’énergie des aliments, l’énergie de l’air et le Qi originel, se divise en deux parties : le Qi défensif qui s’étend sur la superficie du corps, et le Qi nourricier qui se lie au sang.

Le Qi correct (Zheng Qi) et Qi pathogène (Xie Qi):
Le Qi pathogène correspond à toutes les agressions extérieures qu’un individu subit ; en MTC les principales agressions sont les facteurs climatiques qui interviennent dans de nombreux processus pathologiques. Le Qi correct désigne le Qi qui n’est pas pathogène. La maladie est souvent la résultante de ces deux Qi. Si le Qi pathogène est plus fort que le Qi correct, la maladie se manifeste. La fièvre est la manifestation de la lutte entre ces deux Qi : plus les forces en présence sont puissantes, plus la fièvre sera élevée ; si le Qi correct devient trop faible, l’hypothermie apparaît.

Le Qi des organes:
C’est l’activité fonctionnelle de chaque organe. Par exemple, selon la sémiologie chinoise, le vide de Qi (insuffisance de Qi) d’un organe signifie que cet organe n’assure plus de façon correcte une ou plusieurs de ses fonctions.

Les organes, les méridiens et la structure du corps:
Les organes en MTC sont un ensemble de fonctions sans corps physique. Les méridiens vont permettre l’incarnation des organes, ils sont les maîtres de la structure. Dans la culture occidentale, un organe est d’abord une entité anatomique et l’aspect fonctionnel découle de l’aspect anatomique ; en MTC, l’organe est un ensemble de fonctions qui correspondent au mouvement auquel il appartient.

Préparation du thérapeute

La préparation de l’acupuncteur c’est un sujet intéressant à aborder. C’est important que le thérapeute renforce toujours son énergie, au moins 10 minutes par jour, car il s’implique beaucoup dans le traitement du patient et son efficacité dépend en partie de l’énergie qu’il est en mesure d’apporter. Devenir thérapeute c’est une vocation qui influence sa vie et ses relations avec les autres. C’est important aussi de travailler avec la compassion, l’humilité, la confiance et le pouvoir de l’intention.

Le traitement en MTC

Les moyens pour traiter en MTC sont multiples et répartis en 7 grands domaines : les massages, l’acupuncture, l’acupressure, la moxibustion, la pharmacopée, la diététique, le Qi Gong, la chirurgie et la psychothérapie.

L’acupuncture, l’acupressure et moxibustion (usage de l’armoise incandescente), sont les techniques de la MTC les mieux connue. La moxibustion consiste à chauffer des points d’acupuncture ou des zones du corps avec des bâtons d’armoise séchés qui se nomment des moxas. L’armoise se consume sans flamme. L’acupressure agit par la stimulation des points d’acupuncture par des pressions digitales. L’intérêt en Médecine Vétérinaire est d’éviter d’utiliser les aiguilles sur des points qui sont délicats à piquer à cause de leur localisation. La pratique du massage après une séance est conseillée car elle potentialise l’effet des aiguilles et, en apaisant l’animal, il reste plus réceptif aux séances suivantes.  La diététique chinoise a une importance primordiale car elle est la principale source d’énergie et de construction du corps. Sa contribution à la prévention des maladies est indispensable.

Objectif de l’acupuncture

L'acupuncture, de son côté, agit en rééquilibrant le corps. Elle a un effet préventif mais également thérapeutique. Elle utilise le potentiel du corps à se rééquilibrer. Le thérapeute va juste aider l’animal à trouver son équilibre interne.

Pendant les séances, la majorité des animaux se détendent car l’organisme produit des endorphines et de la cortisone. La cortisone combat l’inflammation et la douleur et les endorphines, de leur côté, ont une action tranquillisante et myorelaxante et abaissent aussi le suie de la douleur.

Le nombre des séances dépend des cas et de la chronicité de la maladie. L’acupuncture permet souvent de réduire le dosage des médicaments et c’est donc très intéressant et important de travailler en complémentarité avec la Médecine Conventionnelle car la plupart des médicaments sont mal supportés à long terme et l’acupuncture permet de diminuer le risque d’effets secondaires.

Matériel

Le thérapeute utilise en général des aiguilles pour stimuler les points d’acupuncture. Il peut aussi utiliser ses doigts (acupressure), un laser, de l’électricité, de l’armoise (moxa) ou injecter un produit dans le point d’acupuncture.

Indications de l’acupuncture

La Médecine Chinoise agit dans des problèmes très variés:

  • Problèmes locomoteurs/affections locomotrices dont l’origine n’est pas neurologique : les traumatismes, l’arthrose, les arthrites, les tendinites, dysplasie coxo-fémorale;
  • Problèmes neurologiques : hernie discale, les crises convulsives (surtout en cas d’épilepsie primaire);
  • Troubles urinaires : les maladies du bas appareil urinaire (miction douloureuses), l’incontinence urinaire, l’insuffisance rénal chronique;
  • Troubles digestifs : la diarrhée (aigue et chronique), la constipation, les vomissements, la perte d’appétit;
  • Troubles respiratoires : la toux, le Coryza, la respiration bruyante;
  • Problèmes gynécologiques : fertilité, grossesse nerveuse, pour déclencher la mise-bas;
  • Dermatologie : inclusive les otites, démangeaisons;
  • Problèmes métaboliques;
  • Le vieillissement;
  • Suivi de l’animal en croissance: consultation de sevrage, de pubertaire, du jeune adulte, traiter les aplombs défectueux;
  • Hémiplégie, perte d’équilibre, vertiges;
  • Maladies auto-immunes;
  • Allergies;
  • Thrombo-embolie;
  • Cancer.